Disons-le d’entrée : on ne vient pas à Hann pour un zoo qui en met plein la vue. On y vient pour de l’ombre, de la verdure et une bouffée d’air à quinze minutes du vacarme dakarois — le tout gratuitement, ce qui, dans une ville où la moindre échappée coûte cher, n’est pas rien. Ce grand domaine boisé né en 1903 est l’un des rares vrais poumons verts de la capitale, un lieu populaire où des générations de Dakarois sont venues marcher, pique-niquer et montrer les lions aux enfants. Mais soyons honnêtes jusqu’au bout : le zoo, lui, vieillit mal. Enclos fatigués, moyens serrés, réhabilitation promise mais qui traîne. La bonne façon de visiter Hann, c’est donc celle-ci — pour sa forêt et sa dimension familiale d’abord, avec un regard lucide sur l’état des animaux. Cette page vous dit exactement à quoi vous attendre.
En bref
| Région (QFS) | Dakar (ville) |
| Commune / accès | Hann Bel-Air, près de la baie de Hann (est de Dakar) |
| Type | Parc forestier + jardin botanique + parc zoologique |
| Distance depuis le centre de Dakar | ~6 km · 15 à 30 min selon le trafic |
| Durée de visite conseillée | 1h30 pour l’essentiel ; une demi-journée en famille |
| Entrée / accès | Gratuit — accès libre au parc (aucun coût officiel) |
| Meilleure période | Saison sèche (novembre à mai), tôt le matin ou en fin d’après-midi |


Résident ou touriste : deux façons de voir Hann
Si vous vivez à Dakar, Hann est la sortie du dimanche par excellence : gratuite, ombragée, adaptée aux enfants, sans budget à prévoir. Vous chargez le panier pique-nique, vous laissez les petits se défouler entre l’aire de jeux et les animaux, et vous soufflez un moment loin du béton. Le week-end, l’ambiance est populaire et vivante — c’est là tout son charme, mais aussi sa limite : allées bondées, files devant les fosses aux lions, brouhaha. Notre conseil de local : venez plutôt un jour de semaine, à l’ouverture. Le parc change complètement de visage — vous avez la forêt et le jardin botanique quasiment pour vous, dans la fraîcheur du matin.
Si vous êtes de passage, réglez d’abord vos attentes. Hann n’est pas un zoo occidental flambant neuf, et ce n’est pas non plus un site touristique majeur : c’est une respiration verte au milieu de Dakar, doublée d’un regard honnête sur un établissement à moyens limités. Prise pour ce qu’elle est — une promenade botanique agréable et une tranche de vie dakaroise — la visite se justifie amplement, surtout qu’elle ne vous coûtera rien. Prise pour un grand parc animalier, elle décevra. Comptez une petite heure et demie, glissez-la dans une journée de découverte de la ville, et gardez votre émerveillement pour la forêt et le jardin ethnobotanique plutôt que pour les enclos.
Un domaine colonial devenu poumon vert de Dakar
Le parc est fondé en 1903 par le gouverneur Martial Merlin, d’abord pensé comme un jardin public doublé d’une pépinière destinée à acclimater et diffuser des espèces végétales. Au fil des décennies, le site s’étoffe : un jardin ethnobotanique est aménagé à partir de 1934, plus tard réorganisé en treize secteurs thématiques, puis complété d’un arboretum, d’un carré fruitier, d’aires de jeux et d’un petit aquarium. La vocation zoologique se développe en parallèle, jusqu’à faire du lieu la principale destination « nature » accessible à pied depuis Dakar.
Aujourd’hui, le domaine couvre environ 50 à 60 hectares (les sources varient, dont le zoo n’occupe qu’une petite part : 7 hectares, dont 4 aménagés en enclos, fosses et volières. Tout le reste, c’est de la forêt, des zones plantées et un plan d’eau. Retenez bien cette proportion, car elle explique comment aborder Hann : la majorité des visiteurs viennent d’abord pour la forêt et la promenade, le zoo n’étant qu’une composante parmi d’autres. Une enquête menée en 2024 le confirme noir sur blanc : la balade arrive en tête des motivations (~26 %), devant la visite du zoo (~21 %) et la découverte de la nature (~15 %). Autrement dit, même les habitués ne viennent pas d’abord pour les lions.
