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Réserve spéciale de faune de Guembeul | Que Faire au Sénégal
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Voici une idée qui a l’air folle et qui pourtant fonctionne : prendre des animaux qui avaient purement et simplement disparu du Sénégal — des gazelles, un grand oryx du désert — les faire revenir d’Europe, les laisser se reproduire à l’abri, puis les relâcher là où ils vivaient autrefois. C’est exactement ce qui se joue à Guembeul, une petite réserve de 720 hectares posée à un quart d’heure de Saint-Louis, sur la route de Gandiol. On l’appelle rarement par son vrai nom — la Réserve spéciale de faune de Guembeul — et c’est dommage, parce que peu de lieux au Sénégal racontent aussi bien cette histoire : celle d’une arche de Noé sahélienne, où l’on répare, patiemment, ce que le désert et l’homme avaient effacé. Que vous viviez au Sénégal ou que vous soyez de passage à Saint-Louis, cette page est là pour vous dire ce qu’on vient vraiment y voir — et ce qu’il ne faut pas en attendre.

En bref

Région (QFS) Saint-Louis
Commune / accès Gandiolais, au sud de Saint-Louis — route de Gandiol (RD 400)
Type Réserve spéciale de faune — centre de reproduction et de réintroduction
Distance depuis Saint-Louis ~12 à 15 km · env. 20-30 min
Distance depuis Dakar ~270 km (via Saint-Louis)
Superficie ~720 hectares, dont une lagune d’environ 200 ha
Durée conseillée 1 à 2 heures sur place (sentiers de 45 à 90 min)
Entrée / accès Entrée + guide obligatoire à régler sur place (voir plus bas)
Meilleur moment Saison sèche (novembre à avril) ; tôt le matin ou en fin d’après-midi

Résident ou touriste : deux façons d’aborder Guembeul

Si vous vivez au Sénégal, voyez Guembeul pour ce qu’elle est : une sortie nature courte, instructive, à taille humaine — pas un grand safari. En un peu plus d’une heure de marche, un guide vous montre des espèces que vous ne verrez nulle part ailleurs dans le pays à l’état quasi sauvage. C’est l’escapade idéale à caler sur un week-end à Saint-Louis, un matin, avant la chaleur. Parfaite avec des enfants curieux : c’est concret, pédagogique, et on repart en ayant compris quelque chose sur la faune du Sahel. Ne venez pas en espérant des troupeaux à perte de vue — venez pour la rencontre, rapprochée, avec des animaux rares.

Si vous êtes de passage, ne faites pas de Guembeul une fin en soi : faites-en un maillon. La réserve prend tout son sens en combiné avec les deux géants du Nord — le Parc national des oiseaux du Djoudj pour les grandes nuées migratrices, et le Parc national de la Langue de Barbarie pour l’embouchure du fleuve et la plage. Guembeul, elle, apporte autre chose : la faune terrestre du désert, les gazelles, les tortues. Sur deux jours au départ de Saint-Louis, l’enchaînement Djoudj + Langue de Barbarie + Guembeul est le trio nature le plus complet de la région.

L’arche de Noé du Sahel sénégalais

Voici ce qui rend Guembeul unique. La réserve a été créée en 1983 dans un but scientifique précis : servir de centre de reproduction pour des espèces sahéliennes menacées ou déjà disparues du Sénégal, avant de les réintroduire dans leur milieu naturel — au premier chef la réserve de biosphère du Ferlo, ces grandes étendues sèches de l’intérieur du pays.

La star des lieux, c’est la gazelle dama (variété Mhorr, Nanger dama mhorr), la plus grande des gazelles — et l’une des plus menacées de la planète, classée « en danger critique d’extinction » par l’UICN. Les premières sont arrivées d’Espagne, du centre d’élevage d’Almería, à partir de 1984, dans le cadre d’un programme européen de sauvegarde. À leurs côtés vit l’oryx algazelle (Oryx dammah), cette grande antilope aux longues cornes arquées qui avait totalement disparu à l’état sauvage : Guembeul a servi de réservoir pour des réintroductions ailleurs au Sénégal. Une troisième espèce de gazelle complète le tableau

L’autre pensionnaire emblématique, plus discret, est la tortue sillonnée (Centrochelys sulcata), la plus grande tortue terrestre d’Afrique continentale, qui peut vivre plus d’un siècle. Guembeul en élève les jeunes en enclos protégé avant de les relâcher dans le Ferlo — un vrai centre de reproduction, pas un simple enclos d’exposition.

Un mot d’honnêteté, parce que le lieu le mérite. Guembeul est une réserve fragile. Les effectifs d’antilopes ont connu des à-coups — une clôture endommagée a laissé s’échapper des animaux au milieu des années 2010, et un cactus envahissant (Opuntia) grignote peu à peu les pâturages. On ne visite donc pas un zoo bien rangé, mais un projet de conservation vivant, avec ses réussites et ses difficultés. C’est aussi ce qui en fait l’intérêt : ici, on voit la conservation à l’œuvre, pas sous cloche.

Repères & chiffres

Donnée Valeur Remarque
Superficie ~720 hectares dont une lagune d’environ 200 ha
Création 1983 but scientifique / centre de reproduction
Classement Ramsar 1986 zone humide d’importance
Espèces d’oiseaux ~200 flamants roses, avocettes, spatules, échassiers
Espèces phares réintroduites gazelle dama Mhorr, oryx algazelle, tortue sillonnée + 3e gazelle
Destination des réintroductions réserve de biosphère du Ferlo intérieur sahélien du Sénégal
Distance Saint-Louis ~12 à 15 km route de Gandiol

Y aller & horaires

Guembeul se rejoint par la route, au sud de Saint-Louis, en direction de Gandiol (route départementale 400). Comptez une petite quinzaine de kilomètres et 20 à 30 minutes depuis le centre de Saint-Louis — l’accès est simple, pas besoin de piste 4×4 comme pour le Djoudj. Sans véhicule, le plus commode est de passer par une excursion organisée depuis Saint-Louis, souvent couplée à la Langue de Barbarie toute proche. La réserve est généralement ouverte tous les jours, de 8h à 18h30 environ. La visite se fait à pied avec un guide (obligatoire), sur des boucles de 45 à 90 minutes ; un accès en véhicule à l’intérieur de la réserve est possible en supplément.

Coûts officiels à régler sur place (grille QFS)

Ces montants se paient à la réserve, en espèces, et sont distincts du prix d’un service QFS (une excursion vendue par un prestataire inclut souvent transport et organisation en plus). L’entrée, le guide et l’accès véhicule se comptent séparément.

Poste Tarif Remarque
Entrée 5 000 F / personne gratuit pour les moins de 10 ans
Guide (obligatoire) 5 000 F accompagnement de la visite
Supplément accès véhicule 10 000 F pour parcourir la réserve en voiture (au lieu de la marche)

Pour un adulte à pied, comptez donc 10 000 F de coûts officiels (entrée + guide), hors transport depuis Saint-Louis. Prévoyez des espèces en petites coupures : pas de terminal de paiement sur place.

À voir sur place

  • Les gazelles dama Mhorr — le clou de la visite : la plus grande et l’une des plus rares gazelles du monde, à observer dans les enclos de reproduction.
  • L’oryx algazelle — grande antilope du désert aux cornes en cimeterre, revenue d’extinction.
  • Le centre d’élevage des tortues sillonnées — les jeunes tortues protégées avant leur retour au Ferlo.
  • La lagune (~200 ha)
  • La petite faune — phacochères, singes patas, mangoustes, varans du désert au fil des sentiers.

Aux alentours

Guembeul est au cœur d’une constellation nature exceptionnelle. À quelques kilomètres, le Parc national de la Langue de Barbarie ferme l’embouchure du fleuve Sénégal entre océan et lagune — combo naturel avec Guembeul sur une même demi-journée. Un peu plus au nord, le Parc national des oiseaux du Djoudj, sanctuaire ornithologique classé UNESCO, mérite à lui seul une matinée. Et bien sûr Saint-Louis du Sénégal, l’ancienne capitale coloniale classée au patrimoine mondial, sert de base idéale pour rayonner sur les trois sites.

Le bon moment

Deux règles simples. La saison d’abord : la saison sèche (novembre à avril) est la plus agréable et la plus riche pour les oiseaux hivernants de la lagune. L’heure ensuite : venez tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand la faune est active et la chaleur supportable ; le plein midi sahélien est écrasant et les animaux se mettent à l’ombre. L’erreur classique est d’arriver à 13h en pleine cagnard, hors saison, et de repartir déçu.

Conseils pratiques

  • Espèces, petites coupures : entrée, guide, supplément véhicule et pourboires se règlent en liquide sur place.
  • Chapeau, eau, crème solaire : peu d’ombre, chaleur sèche du Sahel.
  • Chaussures fermées : les sentiers se font à pied, sur sable et terre.
  • Jumelles : utiles pour la lagune et ses oiseaux.
  • Guide obligatoire : c’est lui qui vous mène aux animaux et raconte le programme de réintroduction — le vrai intérêt de la visite.
  • Gérez vos attentes : réserve fragile et modeste en taille ; on vient pour la rareté des espèces, pas pour l’abondance.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’on voit exactement à Guembeul ?
Des espèces sahéliennes rares réintroduites : gazelles dama Mhorr, oryx algazelle, tortues sillonnées, plus environ 200 espèces d’oiseaux (flamants roses, avocettes, spatules) sur la lagune. C’est une réserve de conservation, pas un grand parc à safari.
Combien coûte la visite ?
Des coûts officiels à régler sur place : 5 000 F d’entrée par personne (gratuit pour les moins de 10 ans) et 5 000 F pour le guide obligatoire, soit 10 000 F par adulte à pied. Un accès en véhicule dans la réserve coûte 10 000 F de plus. Hors transport depuis Saint-Louis.
À quelle distance de Saint-Louis se trouve la réserve ?
Environ 12 à 15 km au sud, sur la route de Gandiol, soit 20 à 30 minutes de voiture. L’accès est facile, sans piste difficile.
Combien de temps prévoir ?
Une à deux heures suffisent : les sentiers guidés durent de 45 à 90 minutes. C’est une sortie courte, qu’on combine idéalement avec la Langue de Barbarie ou le Djoudj.
Quelle est la meilleure période pour y aller ?
La saison sèche, de novembre à avril, tôt le matin ou en fin d’après-midi. En pleine chaleur de midi, les animaux se cachent et la visite perd de son intérêt.
Est-ce adapté aux familles ?
Oui : la visite est courte, à pied, pédagogique, et la rencontre avec les gazelles et les tortues plaît beaucoup aux enfants. Prévoyez eau, chapeaux et chaussures fermées.