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Lagune de la Somone : mangrove et oiseaux | QFS
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Retenez une chose avant de venir à la Somone : ici, ce n’est pas vous qui décidez de l’heure de la balade, c’est la marée. À un peu plus d’une heure de Dakar, là où la petite rivière Somone se jette dans l’Atlantique, s’étire une lagune bordée de mangrove qui monte et descend deux fois par jour. Glissez en pirogue dans les bolongs quand l’eau porte, et vous filez au ras des palétuviers, hérons et aigrettes à portée de rame ; venez à marée basse, et la lagune se vide, découvre ses bancs de sable — où les oiseaux, eux, viennent se régaler. Le piège classique, c’est de débarquer un après-midi au hasard et de tomber sur une lagune à sec. Cette page est là pour que ça ne vous arrive pas, et pour vous raconter comment cette mangrove-refuge a failli disparaître avant d’être replantée, à la main, par les femmes des villages.

En bref

Région (QFS) La Petite Côte
Commune Somone
Type Réserve naturelle communautaire — lagune, estuaire & mangrove
Distance depuis Dakar ~75-77 km · 1h15 à 1h30 par l’autoroute A1
Depuis Saly / Ngaparou ~10 km · ~15 min
Depuis l’aéroport AIBD ~30 km · ~30 min
Durée conseillée Une demi-journée (balade en pirogue ~1h à 1h30)
Accès au site Berges en accès libre ; activités sur l’eau payantes, à caler sur la marée
Meilleure période Saison sèche (novembre à mai) ; balade calée sur la marée
GPS 14.49, -17.09

Résident ou touriste : la même lagune, pas la même sortie

Si vous vivez à Dakar ou à Saly, la Somone est votre échappée nature de proximité — celle qu’on s’offre sur un coup de tête un vendredi en fin de journée. Pas de journée de route, pas de logistique : depuis Saly ou Ngaparou, vous y êtes en un quart d’heure ; depuis Dakar, comptez 1h15 par l’A1. Le vrai bon plan, c’est la pirogue de fin d’après-midi, quand la lumière baisse, que les oiseaux rentrent et que le soleil s’embrase derrière les palétuviers. Un conseil de local : jetez un œil à l’horaire des marées avant de partir (une appli météo côtière suffit) et visez une marée haute en soirée. Vous transformez une simple balade en l’un des plus beaux couchers de soleil de la Petite Côte.

Si vous êtes de passage, la Somone est souvent la première vraie bouffée de nature du séjour — l’AIBD n’est qu’à une demi-heure. Deux choses à anticiper pour ne pas être déçu. La marée d’abord : demandez à votre hébergement ou au piroguier le créneau navigable du jour, sinon vous risquez la lagune à sec. Le budget ensuite : la balade se paie sur place, en espèces, autour de 6 500 F par personne, taxe de réserve généralement comprise. Ne courez pas : une heure et demie de pirogue au calme vaut mieux qu’un aller-retour expédié.

Une lagune sauvée par la mangrove

L’histoire de la Somone est d’abord celle d’une réparation. À la fin du XXe siècle, l’écosystème se dégrade : la mangrove recule sous l’effet de la sécheresse, de la coupe et de la salinisation, et les ressources de pêche s’effondrent avec elle. La réponse ne vient pas d’un ministère mais des villages — et surtout des groupements de femmes, qui replantent les palétuviers propagule après propagule et nettoient la lagune des plastiques rejetés par la mer. C’est ce sursaut communautaire qui, en 1999, débouche sur le classement du site en réserve naturelle d’intérêt communautaire (RNICS), sur un périmètre d’environ 700 hectares. Le principe est clair : une aire protégée gérée par et pour les riverains, où la pêche, l’ostréiculture et le tourisme restent possibles, mais encadrés.

La reconnaissance a ensuite grimpé d’un cran, puis de deux. Le 1er septembre 2017, la lagune entre sur la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale (site n°2327, 700 ha). Puis, par décret présidentiel du 27 mai 2020, la Somone est érigée en aire marine protégée (AMP) : le périmètre s’élargit alors à environ 4 098 hectares, lagune comprise et extension en mer sur quelques kilomètres. La gestion associe désormais l’État et les communautés des villages d’entrée (Somone, Ngaparou, Guéreo et alentours).

Le cœur du dispositif reste la mangrove. On y trouve surtout le palétuvier rouge (Rhizophora mangle), dont les racines-échasses plongent sous l’eau à marée haute, aux côtés de l’Avicennia (palétuvier gris) et du Conocarpus. Ces forêts amphibies servent de nurserie aux poissons et aux crustacés et retiennent le trait de côte. Au milieu de la lagune subsiste aussi un vieux baobab nain réputé sacré par les habitants — l’un des rares à avoir tenu tête à l’air salin (âge exact ).

Repères & chiffres

Donnée Valeur Remarque
Création de la réserve (RNICS) 1999 initiative communautaire, reboisement de la mangrove
Superficie de la réserve initiale ~700 ha périmètre lagune + abords
Classement Ramsar 1er septembre 2017 site n°2327
Aire marine protégée (AMP) décret du 27 mai 2020 ~4 098 ha, extension en mer
Distance de Dakar ~75-77 km 1h15 à 1h30 par l’A1
Espèces d’oiseaux recensées 172 (recensement 2001) « plus de 175 »
Palétuviers Rhizophora, Avicennia, Conocarpus mangrove restaurée
Durée de la balade en pirogue ~1h à 1h30 dépend de la marée

Y aller & horaires

La lagune se rejoint en voiture ou taxi depuis Dakar (~75-77 km, 1h15 à 1h30 par l’autoroute à péage A1), ou en un quart d’heure depuis Saly, Ngaparou et Mbour, tout proches. L’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) n’est qu’à une trentaine de minutes : la Somone fait une première étape idéale à l’arrivée au Sénégal.

On circule librement sur les berges ; ce sont les activités sur l’eau qui se paient, auprès des piroguiers et coopératives locales. Pas d’horaires administratifs stricts : l’activité se concentre de la matinée à la fin d’après-midi (une amplitude d’environ 8h30 à 19h est parfois indiquée, sur place). Le vrai calendrier, c’est celui de la marée. À marée haute, l’eau porte jusque dans les chenaux et au pied des palétuviers ; à marée basse, les bancs de sable et les racines se découvrent — c’est le festin des oiseaux, mais la navigation dans certains bolongs devient plus courte, voire impossible. D’où la règle d’or : renseignez-vous sur l’horaire des marées avant de réserver votre créneau.

Ce qui se paie sur place (tarifs 2026, indicatifs)

Ces montants sont des coûts à régler sur place, en espèces, distincts du prix d’un service packagé par un prestataire. Bonne nouvelle : pour la pirogue, la taxe de réserve est le plus souvent déjà comprise dans le tarif ci-dessous.

Poste Montant Remarque
Balade en pirogue (adulte) ~6 500 F / personne 1h-1h30 · fourchette constatée 5 000-7 000 F · taxe de réserve généralement incluse
Balade en pirogue (enfant −10 ans) ~4 500 F / personne selon prestataire
Sentier didactique à pied ~1 500 F / personne éco-taxe d’accès au sentier de la réserve
« Taxe mangrove » séparée de 2 000 F/pers non recoupée : les sources de terrain donnent l’éco-taxe à pied ~1 500 F et la taxe réserve incluse dans la pirogue
Kayak / paddle variable, selon prestataire

Note QFS : sur cette page, on ne « double » pas la taxe. Là où une excursion QFS package la sortie, le prix du service peut déjà intégrer la taxe de réserve — vérifiez ce qui est inclus avant de payer quoi que ce soit une seconde fois sur place.

À voir sur place

  • La balade en pirogue dans la mangrove — l’activité phare : on remonte les bolongs entre les palétuviers pour observer l’avifaune au plus près.
  • L’île aux oiseaux — un îlot où se rassemblent hérons, aigrettes, cormorans, pélicans et sternes ; on observe à distance pour ne pas déranger les colonies.
  • L’île aux coquillages — amas coquilliers, trace de l’occupation ancienne et de l’ostréiculture locale.
  • Le sentier didactique — une boucle d’environ 1 km, panneaux pédagogiques et point d’observation, pour découvrir la lagune à pied.
  • Le baobab sacré — le vieux baobab nain de la lagune, chargé de croyances locales.
  • L’ostréiculture — les huîtres élevées sur les racines de palétuviers, ressource traditionnelle du site (dégustations possibles chez les producteurs le week-end).

Aux alentours

  • Saly — la station balnéaire la plus proche (~10-15 km), base de séjour commode et point de départ de nombreuses excursions.
  • Ngaparou — village côtier voisin, entre plages et entrée de la réserve.
  • Popenguine — village sacré et réserve naturelle de Popenguine (falaises, avifaune), à une vingtaine de kilomètres au nord.
  • Réserve de Bandia — safari animalier (girafes, rhinocéros, antilopes, crocodiles) à ~20-30 km, souvent combiné avec la lagune sur une journée.
  • Mbour — grand port de pêche et marché animé, au sud.

Le bon moment & le coucher de soleil

Pour l’observation des oiseaux, la saison sèche (novembre à mai) l’emporte : le climat est doux et la lagune accueille alors les migrateurs paléarctiques en plus des espèces résidentes. Sur les quelque 172 espèces recensées, vous croiserez selon la saison hérons cendrés, aigrettes garzettes, aigrettes des récifs, martins-pêcheurs, pélicans, cormorans, sternes, goélands railleurs, balbuzards et, plus rare, le faucon pèlerin. Le meilleur moment de la journée reste tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand les oiseaux sont actifs et la lumière basse.

Pour le coucher de soleil, la Somone est un classique assumé : une pirogue programmée en fin de journée glisse sur une eau qui s’embrase, silhouettes des palétuviers et des oiseaux à contre-jour. C’est la plus belle façon de finir une visite — à condition, encore une fois, que la marée soit avec vous. Calez marée haute et coucher de soleil sur le même créneau, et vous tenez la sortie parfaite.

Conseils pratiques

  • Espèces pour les activités et l’artisanat : le paiement électronique est rare sur place.
  • Marée : vérifiez l’horaire avant de réserver ; la balade se cale sur la marée haute pour naviguer dans les bolongs.
  • Protection solaire, chapeau, eau : peu d’ombre sur l’eau ; des jumelles font toute la différence pour les oiseaux.
  • Respect de la réserve : on ne débarque pas sur les îlots de nidification, on garde ses distances avec les colonies, on ne laisse rien.
  • Anti-moustiques en fin de journée, surtout en saison des pluies.
  • Photos des habitants (piroguiers, ostréicultrices) : demandez leur accord avant de photographier.

Questions fréquentes

Faut-il payer pour visiter la lagune ?
Se promener sur les berges est libre. En revanche, toute sortie sur l’eau se paie : comptez environ 6 500 F par personne pour la pirogue (1h-1h30), taxe de réserve le plus souvent comprise. À pied, une éco-taxe d’accès au sentier (~1 500 F, ) peut s’appliquer.
La balade dépend-elle vraiment de la marée ?
Oui. À marée haute, on navigue au pied des palétuviers ; à marée basse, la lagune se vide et certains bolongs deviennent impraticables — mais c’est le moment où les oiseaux se nourrissent sur les vasières. Renseignez-vous sur l’horaire des marées avant de réserver.
Comment se déroule la balade en pirogue ?
On remonte les bras d’eau (bolongs) entre les palétuviers, à la découverte de l’avifaune (hérons, aigrettes, martins-pêcheurs) et de l’île aux oiseaux. Comptez une heure à une heure et demie.
Combien de temps faut-il sur place ?
Une demi-journée suffit pour la pirogue et le sentier. La Somone se combine bien, sur une journée, avec la réserve de Bandia ou un séjour à Saly.
Est-ce adapté aux enfants ?
Oui, la pirogue est calme et familiale (tarif enfant réduit, autour de 4 500 F). Prévoyez chapeau, eau et protection solaire, car l’ombre manque sur l’eau.
Quel est le meilleur moment pour venir ?
Tôt le matin ou en fin d’après-midi pour les oiseaux et la lumière, en saison sèche (novembre à mai). Une pirogue au coucher de soleil, calée sur une marée haute, offre l’un des plus beaux spectacles de la Petite Côte.