L’éland de Derby, de la brousse aux réserves de l’ouest
S’il fallait un emblème au Niokolo-Koba, ce serait l’éland de Derby, la plus grande antilope du monde, aux cornes spiralées et au cou marqué d’un fanon. Sa sous-espèce d’Afrique de l’Ouest est en danger critique : à l’état sauvage, elle ne compte plus, selon les dernières estimations scientifiques, que deux cents individus au plus, et c’est ici qu’ils vivent. Discrets, cantonnés à quelques secteurs du parc, ils se montrent très rarement aux visiteurs.
C’est pour cette raison que des élands capturés au Niokolo-Koba ont été conduits, au début des années 2000, dans les réserves clôturées de l’ouest du pays. Ils s’y reproduisent dans le cadre d’un programme suivi par des scientifiques, à la réserve de Fathala et au parc de Bandia, avec l’idée d’en renvoyer un jour vers leur parc d’origine. Si vous avez vu un éland à Bandia, vous avez vu un peu du Niokolo-Koba ; ici, vous verrez surtout le monde qu’il faut leur conserver.
Repères & chiffres
| Repère | Donnée |
|---|
| Réserve de chasse | Au milieu des années 1920 |
| Parc national | Depuis le 1er janvier 1954, agrandi jusqu’en 1969 |
| Superficie | Environ 913 000 hectares, le plus grand parc du Sénégal |
| Patrimoine mondial (UNESCO) | Depuis 1981 |
| Liste du patrimoine en péril | De 2007 au 24 juillet 2024 (retrait décidé à New Delhi) |
| Point culminant | Le mont Assirik, 311 mètres |
| Cours d’eau | La Gambie, avec la Koulountou et la Niokolo-Koba |
| Faune | Plus de 70 espèces de mammifères et environ 330 espèces d’oiseaux recensées |
| Éland de Derby | Pas plus de 200 individus à l’état sauvage selon les dernières estimations |
| Grands carnivores | Lions, léopards et lycaons, en faibles effectifs |
Y aller & droits officiels
Tout passe par la route. Depuis Dakar, on rejoint Kaolack puis Tambacounda : c’est une longue journée de voiture, et la nuit à Tambacounda vous fait arriver au parc reposé, tôt le matin, au moment où la brousse est la plus vivante. De Tambacounda, la nationale 7 descend vers le sud-est, traverse le parc et file jusqu’à Kédougou. L’entrée principale se trouve à Dar Salam, au bord de cette route : comptez environ une heure et demie à deux heures depuis Tambacounda selon l’état du bitume. Si vous venez de Kédougou, la même nationale vous y ramène vers le nord-ouest, ce qui permet de placer le parc à l’aller ou au retour d’un voyage dans le sud-est. Roulez de jour : la route traverse le parc, et les animaux comme les troupeaux la croisent.
À l’intérieur, oubliez la berline. Les pistes de latérite demandent un véhicule haut, idéalement un 4×4, et on ne s’y aventure pas seul : la visite se fait avec un guide du parc, qui connaît les mares fréquentées ce jour-là. Pour rejoindre le Sénégal oriental depuis Dakar, les transferts inter-villes et la location de véhicule avec chauffeur vous évitent de conduire vous-même cette longue route.
Côté droits, prévoyez l’entrée du parc, payée par personne, et un droit pour le véhicule. Ce sont des droits officiels fixés par l’administration des parcs nationaux. Ils se règlent sur place, en espèces, en dehors du prix de votre sortie, et ne bénéficient d’aucune remise. Retirez de l’argent à Tambacounda ou à Kédougou : dans le parc, il n’y a pas de distributeur.
À voir sur place
Simenti et sa mare. C’est le cœur de la visite, au-delà de l’entrée de Dar Salam. Le site s’étend entre la Gambie et la mare de Simenti, qui garde son eau quand la brousse s’assèche : en saison sèche, c’est là que la faune vient boire. Installez-vous en silence au bord de l’eau en fin d’après-midi : cobes, phacochères, babouins et oiseaux d’eau s’y succèdent.
La Gambie et ses hippopotames. Le fleuve, large et calme en saison sèche, bordé de forêt-galerie, abrite des hippopotames et des crocodiles. Une balade en pirogue, quand elle est possible, offre une autre façon de voir le parc : au ras de l’eau, au milieu des cris d’oiseaux.
Les pistes de savane. Le safari lui-même, en 4×4, au lever du jour. Vous croiserez plus sûrement des antilopes (cobes de Buffon, hippotragues, guibs), des buffles, des phacochères et des singes que des grands fauves. Guettez les traces au sol : votre guide sait lire une empreinte fraîche de lion ou de léopard, et c’est souvent le moment le plus fort de la journée.
Les grands carnivores. Le Niokolo-Koba est le refuge des derniers lions sauvages du Sénégal, qui appartiennent à une population d’Afrique de l’Ouest en danger critique, et l’un des derniers abris du lycaon dans la région. Leurs effectifs restent faibles et le territoire est immense : leur observation n’est jamais garantie, et c’est très bien ainsi.
Le mont Assirik. Point culminant du parc, à 311 mètres, au sud-est, loin des pistes les plus fréquentées. Ses pentes abritent des chimpanzés, parmi les plus septentrionaux d’Afrique, étudiés par les scientifiques depuis des décennies. L’endroit se rejoint dans le cadre d’un séjour de plusieurs jours, en saison sèche, et les chimpanzés y restent difficiles à apercevoir.
Les oiseaux. Environ 330 espèces recensées : calaos, guêpiers, martins-pêcheurs, rapaces au-dessus du fleuve. Même les jours sans grand mammifère, les jumelles ne chôment pas.