Le Sénégal & la sortie en mer : un pays tourné vers le couchant
Il suffit d’une carte pour comprendre. Dakar occupe la presqu’île du Cap-Vert, et la pointe des Almadies est l’extrémité occidentale de l’Afrique continentale. Le soir, le soleil se couche donc sur la mer, sans rien entre lui et vous. Depuis le pont, on voit les falaises de la Corniche Ouest, le phare des Mamelles sur sa colline, la baie de Soumbédioune, et Gorée, inscrite au patrimoine mondial dès 1978, posée en face du port.
La mer, pourtant, n’est pas d’abord un décor. C’est un lieu de travail. Sur la Petite Côte, Mbour est l’un des grands ports de pêche artisanale du pays : les pirogues peintes y rentrent chargées de sardinelle, le poisson qui fait vivre des milliers de familles, et la plage se remplit de mareyeuses, de porteurs, de femmes qui sécheront et fumeront la pêche du jour. Le voir depuis l’eau, au milieu des coques qui accostent, en apprend plus qu’un livre.
Plus au sud, le Sine-Saloum change d’échelle : un delta de chenaux, d’îles et de villages, inscrit au patrimoine mondial en 2011, où le bateau reste le seul vrai moyen de circuler. C’est là que vit le dauphin à bosse de l’Atlantique, Sousa teuszii, une espèce qui ne vit que le long des côtes atlantiques de l’Afrique, classée en danger critique d’extinction depuis 2017. Le Sénégal abrite l’une des populations les plus importantes connues. Le croiser est un privilège, jamais un dû : la rencontre reste rare, et elle se vit à distance, moteur au ralenti, sans jamais poursuivre les animaux.
Formules : quatre moments de la journée
- Le matin, le retour des pêcheurs : une demi-journée en pirogue motorisée anti-retournement au départ de Saly, gilets fournis, pour être sur l’eau quand les pirogues rentrent à Mbour et que la plage s’anime.
- La balade côtière : deux ou trois heures au départ du port du Plateau ou de Soumbédioune, à Dakar, le long de la Corniche jusqu’aux abords de Gorée, sans escale ; ou deux heures à la Somone, de la lagune vers la côte de Ngaparou quand la marée le permet.
- Le coucher de soleil : ce n’est pas un bateau à part, c’est un créneau. Sur les sorties qui proposent un départ l’après-midi ou en fin de journée, à Dakar comme à la Somone, choisissez le dernier : vous rentrerez avec la lumière rasante, puis l’horizon orange.
- La journée vers les îles : prise en charge sur la Petite Côte, navigation dans les grands chenaux du Saloum, villages de pêcheurs, îlots, pause baignade selon la marée.
- La sortie où l’on guette les dauphins : en Casamance, une pirogue autour de Carabane associe village de pêcheurs et estuaire, avec une chance, sans plus, d’apercevoir des dauphins ; dans le Saloum, l’excursion dans les îles en croise parfois. Aucune sortie ne peut les promettre : venez pour la mer et les villages, et prenez la rencontre comme un cadeau si elle arrive.
- La matinée de pêche pour débuter : une demi-journée au départ de la plage de Ngor, cannes, appâts et gilets fournis. Pour le gros poisson et la traîne au large, passez à la pêche sportive en mer.
Où faire une excursion en bateau au Sénégal
- Dakar : la sortie urbaine par excellence, côté Corniche Ouest, avec Gorée au large et Ngor pour la pêche. Aucun coût officiel en plus sur ces sorties. Pour débarquer à Gorée, c’est la chaloupe publique, billet au guichet de la gare maritime, avec une taxe communale à régler sur place.
- La Petite Côte : Saly pour la mer ouverte et le retour des pêcheurs à Mbour ; la Somone pour une sortie douce, de la lagune vers l’océan, le passage du bateau étant compris dans la fiche concernée. Si vous ajoutez la pirogue dans la mangrove de la lagune, réserve naturelle et site Ramsar, son droit d’entrée est à régler sur place, hors prix.
- Le Sine-Saloum : la journée entière, au départ de la Petite Côte. Le permis du parc national du delta du Saloum est un droit officiel, à régler sur place, hors prix.
- La Casamance : Carabane et l’embouchure du fleuve, pour la pirogue et les villages ; les dauphins, si la chance s’en mêle. Aucun coût officiel en plus pour les îles et les villages.
Les îles de la Madeleine, parc national depuis 1976 à quelques kilomètres de Dakar, ne se visitent qu’en sortie encadrée : ne comptez pas y accoster lors d’une balade côtière.
Quand partir
La saison sèche, de novembre à mai, est la plus fiable : ciel dégagé, très peu de pluie. L’alizé forme parfois un clapot devant Dakar ; lagune et chenaux du Saloum restent abrités. L’hivernage, de juillet à octobre, apporte chaleur lourde et averses orageuses : les sorties continuent, gardez simplement une marge sur la date. Pour la baignade, l’eau va d’environ 20 °C au plus frais (février-mars) à 28 °C au plus chaud (septembre-octobre).
Dans la journée, chaque moment a sa sortie. Le matin pour la mer plate et les pêcheurs. La fin d’après-midi pour la lumière et le coucher du soleil, avec un retour souvent un peu plus frais. Dans le Saloum et à la Somone, c’est la marée qui commande : l’équipage peut décaler le départ d’une demi-heure pour franchir un passage au bon moment, et c’est pour votre sortie.
Bon à savoir & budget
Première chose à regarder, avant même la durée : l’unité du prix. Sur cette rubrique, les deux coexistent. La balade côtière de Dakar, celle de la Somone, la journée dans le Saloum et la demi-journée du retour des pêcheurs à Saly se paient par personne. La matinée de pêche à Ngor est un forfait par bateau, jusqu’à quatre personnes : même prix à deux ou à quatre. Les autres sorties de Saly sont au forfait par embarcation, la pirogue de Carabane se paie pour toute la pirogue, jusqu’à huit passagers, et l’excursion dans les îles du Saloum couvre un petit groupe. Seul ou à deux, le prix par personne gagne souvent ; à quatre et plus, le forfait par bateau devient vite plus intéressant.
Sur Que Faire Sénégal, le prix affiché est le prix de la prestation. Vous réglez 20 % pour votre réservation : ce sont les frais de mise en relation. Le solde se règle sur place, le jour de la sortie. Si vous résidez au Sénégal, le tarif résident va jusqu’à −30 % ; le taux exact figure sur chaque fiche. Les droits officiels, comme le permis du parc du Saloum ou l’entrée de la réserve de la Somone, sont à régler sur place, hors prix ; ailleurs, la fiche indique qu’il n’y a aucun coût officiel en plus.
À bord, prévoyez chapeau, lunettes, crème solaire, une bouteille d’eau, une petite laine pour le retour du soir et une pochette étanche pour le téléphone. Le gilet de sauvetage doit vous être fourni : exigez-le pour les enfants et portez le vôtre en mer ouverte. Sensible au mal de mer, commencez par la Somone ou les chenaux du Saloum plutôt que par le large. Si la mer se forme, l’équipage peut raccourcir ou reporter la sortie : c’est de la prudence.
Pour qui ?
Pour les couples, le dernier départ de la journée fait un anniversaire tout trouvé. Les familles commenceront par la Somone, sortie courte sur eau calme, avant la mer ouverte. Les curieux garderont le retour des pêcheurs, qui en dit plus sur le pays qu’une visite de musée. Les pêcheurs débutants trouveront à Ngor une matinée sans matériel à acheter.
Le résident a l’avantage du calendrier : il attend un samedi de mer plate, réserve le créneau du soir et redécouvre sa ville depuis l’eau ; le tarif résident aide à recommencer d’une saison à l’autre. Le touriste, lui, gagnera à placer une sortie côtière en début de séjour, pour comprendre la géographie de Dakar ou de la Petite Côte avant de la parcourir, et à garder pour le Saloum une vraie journée.
Dans le Saloum, chaque dauphin a une carte d’identité. Les chercheurs qui suivent l’espèce photographient la nageoire dorsale de chaque animal croisé : ses entailles et ses cicatrices, uniques, permettent de le reconnaître d’une sortie à l’autre et de suivre ses déplacements d’un chenal à l’autre du delta. Si une nageoire grise perce l’eau près de vous, elle figure peut-être déjà dans un catalogue scientifique.
Questions fréquentes
Le prix est-il par personne ou par bateau ?
Cela dépend de la sortie, et la fiche le précise. Les balades côtières, la journée dans le Saloum et le retour des pêcheurs à Saly se paient par personne ; la matinée de pêche à Ngor est un forfait par bateau jusqu’à quatre personnes. À plusieurs, comparez les deux.
Quelle différence avec la location de bateau ?
Ici, vous prenez une place sur une sortie au programme établi. Avec la croisière et location de bateau, le bateau est pour votre groupe et le programme s’adapte à vous.
Est-on sûr de voir des dauphins ?
Non. Le dauphin à bosse de l’Atlantique vit dans le delta du Saloum et on le croise parfois vers Carabane, mais c’est une espèce rare, en danger critique d’extinction. La rencontre n’est jamais garantie et se vit à distance, sans poursuivre les animaux.
À quelle heure partir pour le coucher de soleil ?
Choisissez le départ de l’après-midi ou de fin de journée proposé sur la fiche, à Dakar ou à la Somone.
Y a-t-il des frais à payer sur place ?
Le solde de la sortie, d’abord : vous réglez 20 % pour votre réservation, ce sont les frais de mise en relation, puis le reste le jour J. Dans le Saloum, le permis du parc national, et à la Somone, l’entrée de la réserve pour la pirogue dans la mangrove, sont à régler sur place, hors prix. Ailleurs, la fiche indique qu’il n’y a aucun coût officiel en plus.
Les résidents ont-ils un tarif particulier ?
Oui. Si vous résidez au Sénégal, le tarif résident va jusqu’à −30 % selon la sortie ; le taux exact figure sur chaque fiche. Il ne s’applique pas aux droits officiels.