À Cap Skirring, il suffit de marcher vers le nord pour comprendre où finit la station. Les parasols s’espacent, puis disparaissent, et le sable ne porte plus que des traces de pas et des pirogues tirées au sec : vous êtes à Boucotte. Ce n’est ni une ville ni un site à cocher, mais quelques villages diola posés entre l’océan, la cocoteraie et la forêt, à deux pas des hôtels et pourtant dans un autre monde. Notre conseil : ne venez pas à Boucotte pour « voir quelque chose », venez-y pour une matinée lente, une plage pour vous, et la première vraie rencontre avec le pays diola.
Résident ou touriste : la même plage, deux raisons d’y aller
Vous vivez au Sénégal ? Boucotte est la réponse au week-end de Cap Skirring trop fréquenté, pendant les fêtes de fin d’année ou à Pâques. Vous gardez la station comme base, mais vous déplacez votre serviette de quelques kilomètres, et la foule reste derrière vous. C’est aussi une sortie à vélo idéale avec des enfants, courte, plate, avec un bain au bout. Sur les activités réservées via QFS, le tarif résident va jusqu’à −30 %.
Vous êtes de passage ? Le piège, à Cap Skirring, c’est de rester sur la plage de l’hôtel toute la semaine. Boucotte est le moyen le plus simple d’en sortir sans rien organiser : une marche le long de l’eau, un village traversé, un guide du coin qui vous explique ce que sont ces casiers de rizière et ces palmiers que vous voyez depuis l’avion. Faites-le en début de séjour : vous regarderez la suite autrement.
Un nom pour plusieurs villages
Première surprise : Boucotte n’est pas un village, mais un petit chapelet de villages qui partagent le même nom. En remontant la route de Diembéring depuis le Cap, on traverse Boucotte Diola, puis Boucott-Diembéring, avec Boucotte Ouolof à proximité, avant d’atteindre Bouyouye et, une dizaine de kilomètres au nord de la station, le gros village de Diembéring. Tous relèvent de la commune de Diembéring, la même que Cap Skirring. Quand quelqu’un vous parle de « Boucotte », il désigne souvent l’ensemble, plage comprise.
Ne confondez pas avec le quartier Boucotte de Ziguinchor, en ville, à plus d’une heure de route : rien à voir.
Le pays du kwatay. Boucotte Diola appartient au petit secteur côtier, autour de Diembéring, où l’on parle le kwatay, une variante du diola que l’on n’entend que dans quelques villages. Ce détail résume Boucotte : à quelques minutes des hôtels, vous êtes dans une culture locale très particulière, qui n’a rien d’un décor.
Une vie tournée vers la terre et l’eau. Comme partout en Basse-Casamance, l’année s’organise autour du riz, cultivé en casiers pendant l’hivernage, de la pêche et du palmier, qui donne l’huile et le vin de palme. Entre l’océan et l’arrière-pays, la mangrove borde les bras d’eau, et les grands fromagers aux racines en lames ombragent les cours et les places. C’est aussi sous ces arbres que se trouve le musée en plein air de Kadioute, présenté sur sa propre page.