Diakène, vous ne le trouverez sur aucune liste des incontournables, et c’est très bien : ce n’est pas un lieu que l’on visite, c’est un lieu par lequel on passe, au bon sens du terme. Entre Oussouye et Cap Skirring, une courte piste quitte le bitume, traverse les rizières et s’arrête au bord d’un bolong. Là, une pirogue vous attend, et en un quart d’heure la station balnéaire est oubliée : palétuviers, eau calme, oiseaux, et l’île d’Egueye au bout. Notre conseil : ne cherchez pas à « faire » Diakène, servez-vous-en comme d’une porte.
Résident ou touriste : la même porte, deux usages
Vous vivez au Sénégal ? Diakène est la réponse à la question « que faire d’autre à Cap Skirring ? ». Le bolong de Diakène se fait en une demi-journée, sans organiser d’expédition : un transfert court, une sortie en kayak ou en pirogue, et vous êtes rentré pour le déjeuner ou le coucher du soleil. Sur les activités réservées via QFS, le tarif résident va jusqu’à −30 %.
Vous êtes de passage ? Le risque, c’est de rester sur le sable toute la semaine en croyant avoir vu la Casamance. Les bolongs sont la vraie signature de la région, et Diakène est l’un des accès les plus simples depuis le Cap. Si vous avez une nuit à donner, donnez-la à l’île d’Egueye, de l’autre côté de l’eau : la mangrove au réveil vaut tous les transats.
Deux villages, un seul nom, une seule eau
La première chose à savoir, c’est qu’il n’y a pas un Diakène, mais deux. Diakène Ouolof et Diakène Diola sont deux villages voisins de la commune d’Oukout, dans l’arrondissement de Loudia Ouolof. Ils ne relèvent pas de la commune de Diembéring, celle de Cap Skirring, même si c’est surtout depuis le Cap qu’on y vient.
Pour le visiteur, c’est Diakène Ouolof qui compte : c’est de son bord de bolong que partent les pirogues vers l’île d’Egueye. Diakène Diola, son voisin, partage le même paysage et la même économie : riz, pêche artisanale, maraîchage et produits de la mangrove.
Ce qui fait Diakène, c’est sa position. Le village est posé à la lisière exacte de deux mondes. Derrière lui, la route bitumée et l’aéroport du Cap ; devant lui, le bolong, ce bras de mer qui se ramifie entre les palétuviers. Aucune route ne va plus loin vers les îles : la suite se fait sur l’eau.
Un paysage qu’on replante. Les sorties en kayak de Diakène sont souvent associées à une action de reboisement de palétuviers. La mangrove de Basse-Casamance souffre des sécheresses et du sel, et les villages riverains la replantent pour protéger les poissons, les huîtres et les rizières qui en dépendent. Si l’on vous propose de planter un propagule, acceptez.