Thiès
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Résident :  
Vous êtes sûrement déjà passé par Thiès sans vous y arrêter. C’est le sort de cette ville : on la traverse pour rejoindre la Petite Côte, Saint-Louis ou le désert de Lompoul, on aperçoit la gare et les grands boulevards ombragés, puis on file. Dommage — parce qu’à deux pas de cette route se cache l’un des ateliers d’art les plus réputés d’Afrique, où l’on tisse depuis 1966 des tapisseries accrochées dans des palais et des institutions du monde entier. Thiès n’est pas un simple carrefour : c’est une ville du rail et de la laine, une vraie ville où l’on vit, et le meilleur camp de base qui soit pour rayonner vers la côte et les terres de l’intérieur. Que vous y habitiez ou que vous ne fassiez qu’y passer, voici comment ne pas la rater.
En bref
| Région (QFS) | Thiès (arbo V2) |
| Type | Ville-carrefour · 2ᵉ ou 3ᵉ ville du pays · capitale du rail |
| Accès / desserte | Nœud routier et ferroviaire ; sur l’axe Dakar–Diourbel–Bamako |
| Distance depuis Dakar | ~70 km à l’est · env. 1h à 1h30 de route |
| À voir absolument | Manufacture sénégalaise des arts décoratifs · gare et cité du rail · cathédrale Sainte-Anne |
| Base idéale pour | Petite Côte, Popenguine, désert de Lompoul, Somone, Saly |
| Durée conseillée | Une demi-journée pour l’essentiel ; une journée pour flâner ; plusieurs nuits comme camp de base |
| Meilleure période | Saison sèche (novembre à mai) |
Résident ou touriste : deux façons d’aborder Thiès
Si vous vivez au Sénégal, Thiès est cette deuxième grande ville qu’on sous-estime : plus calme que Dakar, moins chère, avec de larges avenues plantées d’arbres, une vraie vie urbaine, des marchés, une scène culturelle et universitaire. C’est aussi une escapade de week-end évidente depuis la capitale — une heure de route, et vous changez d’atmosphère sans partir loin. Beaucoup de Dakarois n’y voient qu’un point de passage. C’est une erreur : la Manufacture, à elle seule, justifie le détour, et la ville se prête bien à une journée sans programme, juste à marcher.
Si vous êtes de passage, résistez au réflexe de traverser sans descendre de voiture. Thiès est idéalement placée : c’est le pivot naturel entre Dakar, la Petite Côte (Saly, Somone, Popenguine), le désert de Lompoul plus au nord et l’intérieur du pays. Posez-y vos valises une ou deux nuits, visitez la Manufacture et la gare le matin, et rayonnez vers la côte ou les dunes l’après-midi. Vous éviterez les tarifs et la foule des stations balnéaires tout en restant à portée de tout.
La ville du rail
Thiès doit presque tout au chemin de fer. Là où il n’y avait qu’un petit village sérère, l’arrivée du rail a fait surgir une ville. La gare est mise en service en 1885, lors de l’inauguration de la ligne Dakar–Saint-Louis, la première voie ferrée d’Afrique de l’Ouest. Au tournant du XXᵉ siècle, la construction de la ligne vers Kayes (et, au-delà, Bamako) fait de Thiès un passage obligé : la ville devient un carrefour où bifurquent les embranchements vers Louga, Diourbel et Touba.
Ce n’est pas qu’une gare de transit. En 1923, on y installe de grands ateliers de réparation du matériel roulant ; en 1934, la compagnie du Dakar-Niger y établit son siège. Autour de ces ateliers naît une véritable cité du rail — quartiers de cheminots, culture ouvrière, mémoire syndicale — qui a façonné l’identité de la ville. C’est cette histoire qu’a immortalisée le roman Les Bouts de bois de Dieu de Sembène Ousmane, autour de la grève des cheminots de 1947-1948. La gare a été réhabilitée en 2024 dans le cadre de la relance de la desserte ferroviaire Thiès–Diamniadio ; c’est un bel objet de patrimoine ferroviaire, à voir depuis l’extérieur au minimum.
En savoir plus
La Manufacture : des tapisseries de Thiès dans le monde entier
C’est la vraie surprise de Thiès. La Manufacture sénégalaise des arts décoratifs est fondée en 1966, à l’initiative du président-poète Léopold Sédar Senghor, et inaugurée le 4 décembre 1966. Senghor la voulait comme un fleuron de la jeune nation : « un art nouveau pour une nation nouvelle », déclare-t-il ce jour-là.
Ici, on tisse à la main des tapisseries de haute lisse, selon une technique héritée des Gobelins et d’Aubusson. Le principe : des artistes sénégalais dessinent des cartons (les modèles), que les liciers reproduisent patiemment en laine, mètre carré après mètre carré, pendant des semaines. Le premier directeur, Papa Ibra Tall, avait d’ailleurs envoyé de jeunes diplômés se former aux Gobelins, à Paris. Le résultat : des œuvres textiles aux couleurs franches, inspirées de l’imaginaire africain, dont des milliers d’exemplaires ornent aujourd’hui palais, ambassades et institutions internationales à travers le monde.
On peut visiter l’atelier et voir les liciers au travail sur les grands métiers — c’est le genre de visite qui marque, adultes comme enfants. (Les modalités et l’éventuel droit d’entrée sont à voir sur place ; les tapisseries elles-mêmes sont des œuvres d’art, vendues à des tarifs élevés — nous ne les indiquons pas ici.)
Repères & chiffres
| Donnée | Valeur | Remarque |
|---|---|---|
| Rang de la ville | 2ᵉ ou 3ᵉ ville du Sénégal | selon que l’on compte Touba ou non |
| Population (ville) | ~330 000 à 390 000 hab. | estimations récentes divergentes |
| Population (région de Thiès) | plus de 2 millions d’hab. | recensement ANSD 2023 |
| Distance depuis Dakar | ~70 km | à l’est, sur l’axe vers l’intérieur |
| Gare / arrivée du rail | 1885 | ligne Dakar–Saint-Louis |
| Ateliers du chemin de fer | 1923 | siège du Dakar-Niger en 1934 |
| Manufacture des arts décoratifs | 1966 | fondée par L. S. Senghor |
| Diocèse (cathédrale Sainte-Anne) | 1969 | siège d’un évêché |
Y aller & se déplacer
Thiès est à environ 70 km à l’est de Dakar, soit une heure à une heure trente de route selon le trafic à la sortie de la capitale. On y accède facilement en voiture par l’autoroute, en « sept-places » depuis la gare routière de Dakar, ou par bus. C’est aussi un nœud ferroviaire historique, en cours de réactivation côté desserte régionale.
Sur place, la ville se parcourt bien : le centre, la gare et la cathédrale sont proches, et les grands boulevards ombragés rendent la marche agréable. Pour rayonner vers la Petite Côte ou Lompoul, prévoyez un véhicule.
À voir sur place
La Manufacture sénégalaise des arts décoratifs, évidemment — la visite phare de Thiès (voir plus haut).
La gare et la cité du rail : le bâtiment de gare et les anciens quartiers de cheminots racontent l’histoire industrielle et sociale de la ville.
La cathédrale Sainte-Anne, siège du diocèse de Thiès (érigé en 1969), repère du centre-ville.
Le fort (dit Fort Faidherbe, milieu du XIXᵉ siècle) et le marché central, pour sentir le pouls de la ville.
Le village artisanal, où travaillent de nombreux artisans, dans le prolongement de la vocation d’arts appliqués de la ville.
Thiès possède aussi sa propre page POI dédiée (thies-ville) : reportez-vous-y pour le détail des sites et de leur histoire. Cette page-ci vous sert plutôt de porte d’entrée pour rayonner alentour.
Aux alentours : le meilleur camp de base de l’ouest
C’est peut-être le vrai atout de Thiès : ce qu’il y a autour, à portée immédiate.
- Popenguine et sa réserve naturelle, sur la Petite Côte, célèbre pour son sanctuaire marial et ses falaises.
- Saly et la Somone, stations balnéaires et lagune, pour la plage et les sports nautiques.
- Le désert de Lompoul, plus au nord : dunes ocre et nuits sous tente mauritanienne, à combiner en excursion.
- Le lac Rose (Retba) et Bandia (réserve animalière), également accessibles dans la journée.
Depuis Thiès, vous choisissez votre cap le matin — mer au sud, dunes au nord — sans jamais rouler bien longtemps.
Conseils pratiques
- Espèces : marché, artisanat, petits commerces fonctionnent surtout au comptant, en petites coupures.
- Chaleur : privilégiez les visites en matinée ; la saison sèche (novembre à mai) est la plus agréable.
- Manufacture : renseignez-vous sur les jours et horaires de visite avant de vous déplacer ; on y voit les liciers travailler en journée de semaine.
- Camp de base : dormir à Thiès revient souvent moins cher que sur la côte touristique, tout en restant à moins d’une heure de la plage.
- Photos : demandez avant de photographier des personnes, notamment dans les ateliers et au marché.
Questions fréquentes
Thiès est-elle la 2ᵉ ou la 3ᵉ ville du Sénégal ?
À combien de kilomètres de Dakar se trouve Thiès ?
Que voir absolument à Thiès ?
Peut-on visiter la Manufacture des arts décoratifs ?
Thiès est-elle une bonne base pour la côte ?
Pourquoi appelle-t-on Thiès la « capitale du rail » ?
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